Le Ventoux avant tout

      Le Ventoux avant tout - RTVFM 102.2

Dans quelques jours, le Tour de France arrive une nouvelle fois au sommet du Géant de Provence. Ce sera la 16ème fois depuis 1951. Il y a donc 65 ans que pour la première fois les cyclistes du Tour passaient au sommet. Il faudra attendre 1958 pour voir la première arrivée au sommet avec la victoire de l’Ange de la montagne, le grimpeur luxembourgeois Charly Gaul, qui gagnera d’ailleurs le Tour cette année-là. Se succèderont au palmarès du Ventoux, Poulidor, Merckx, Thévenet, Bernard, Pantani, Virenque ou Froome… Pas mal comme brochette non ?

Mais qu’est-ce qui fait donc pédaler les cyclistes, professionnels ou amateurs, vers le haut du Mont Ventoux ?
Si les 21 virages de l’Alpe d’Huez sont oranges, si les grands noms des cols pyrénéens ou alpins sonnent comme autant de conquêtes, le Mont Ventoux est mythique, il semble entouré de mystères.

Au départ, probablement à cause de son emplacement. Dans une région baignée par le soleil, il se dresse au milieu d’un terrain plutôt plat. Il n’apparaît pas au détour d’une vallée après un virage. Lui, on le voit de loin. De très loin. Il se dresse devant vous comme un défi. Comme s’il disait : « Essaie donc de m’escalader ! ». N’étant plus à une mesquinerie près, il vous propose 3 chemins. Par le Nord depuis Malaucène, par l’Est depuis Sault et son plateau de lavandes et surtout, surtout, la « vraie » montée, par le Sud.

Parce que vous ne pourrez pas dire que vous avez monté le Ventoux si vous ne l’avez pas fait par le Sud. Depuis Bédoin, ce sont 22 kilomètres d’ascension qui se présentent à vous. 22 kilomètres sans répit, une moyenne de pente de 7,45% quasiment sans pause pour 1610 mètres de dénivelé.

Le départ est bucolique : vergers et vignes vous accompagnent pour un semblant de promenade. Même si ça monte déjà pas mal… A partir du fameux virage de Saint Estève, la végétation change : vous entrez dans la forêt. Elle va s’efforcer de vous cacher le sommet. Vous avez la sensation, fausse sensation, d’être protégé de la chaleur du soleil par les arbres et les pins. La pente elle, est toujours là, omniprésente. Elle ne vous lâche jamais. Et à plus de 6 kilomètres du sommet, au Chalet Reynard, c’est l’apparition du décor lunaire. Une image vous traverse l’esprit si vous êtes un cycliste cinéphile qui lutte sous le soleil : Seul sur Mars… Dites-vous alors que vous ne verrez plus un poil d’ombre jusqu’à la grande tour blanche et rouge.

Le Mont Ventoux pour un cycliste, professionnel ou amateur, c’est avant tout une lutte contre soi-même. Et l’arrivée au sommet une victoire pour soi-même avant d’être une victoire sportive. Alors, bien sûr, le Tour de France est une grande caravane, avec ses excès, commerciaux ou médicaux, mais la plupart de ceux qui sont sur leurs vélos pédalent pour de vrai. Encouragez-les, mais avec respect.

PS : si vous allez dans le Ventoux, pensez aussi à le respecter, ramassez donc tous vos déchets et redescendez-les dans des poubelles. Cela laissera une nature propre, et cela évitera à des armées de petites mains de passer des jours entiers à nettoyer ce géant 🙂