Turcs et croates montrent l’exemple

Au lendemain des violences entre Français, Anglais et Russes dans les rues de Marseille, le quartier du Parc des Princes à Paris était placé dimanche sous haute surveillance pour le match Turquie-Croatie (0-1).

Il est 12h30 quand des milliers de supporters sortent les uns après les autres du métro de la Porte de Saint-Cloud. Croates et Turcs ont rempli les rames de la ligne 9, habituellement empruntées de ce côté là de Paris par la bourgeoisie du XVIe arrondissement. On y voit des sourires, entend des chants et observe beaucoup de fraternité. Les maillots à damier rouge et blanc croates se mêlent au rouge turque. On craignait des débordements en marge du match, lié à l’existence d’un fort antagonisme entre ultras des deux pays. L’ambiance s’est 160603 JMB LOgo CNewsEurofinalement révélée bon enfant, malgré un accrochage avec des Parisiens. Peu après 13h30, une cinquantaine de personnes vêtues de sombre, vraisemblablement des supporteurs parisiens, ont en effet cherché à défier des supporters croates puis turcs. Des projectiles et des pétards ont été jetés, des poubelles renversées au milieu des rues voisines. Les CRS ont repoussé et rapidement dispersé les fauteurs de troubles.

Un bref incident qui n’a pas fait de blessé mais qui rappelle une nouvelle fois les nombreux travers du football et son environnement. Sous le regard des 1500 policiers déployés autour de l’enceinte parisienne, les fans ont essentiellement exprimé leur joie d’être à Paris. Certains des deux nations, téléphones portables en main pour des souvenirs en selfies, ont chanté, bras dessus, bras dessous. Tous portaient fièrement les couleurs de leur identité. Du maillot à l’écharpe en passant par le maquillage. Preuve que le football peut faire la paix. Ce sont toujours des groupuscules haineux qui créent le désordre, à l’instar du mouvement Nuit Debout dont le message passe mal dans l’hexagone à cause des casseurs et autres dégénérés du cerveau. Mais la peur réside. Les gérants de restaurant ont pris leurs précautions, en enlevant leur terrasse extérieure. Et éviter ainsi tout type de projectile. Dimanche, dans le XVIe, on buvait sa bière dans un verre en plastique.

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