Toiser l’obscurité

Au Rivoli cette semaine, le nouveau film du très talentueux Bertrand Bonello, « Nocturama ». Un thème trop médiatique pour un film pourtant essentiel.

« Nocturama » n’est pas un film sur le terrorisme, même si il raconte la nuit de planque vécue par un groupe de jeunes adultes, après avoir commis des actes terrorisants. Ce n’est pas non plus un film sur la sur-évoquée génération Y. Disons – donc – que c’est un film sur cette frange de la population qui sort de l’enfance pour se diriger vers l’âge adulte, aujourd’hui. C’est – donc – un film qui parle de ce temps d’opulence et de désespoir où nous vivons, ici et maintenant. C’est aussi, dans une autre dimension, un film lumineux qui parle de choses terribles, un film accessible qui ne cède jamais à la facilité, un film monstrueux qui reste précautionneux.
C’est – tout simplement – un film à voir.

Je me rappelle « Blade Runner ». 1982. Le film punk par essence. Ridley Scott est très très loin d’être un punk. Mais c’est un artiste, l’un de ces hyper-empathique capable de deviner les contours de l’univers de Philip K. Dick, et surtout, de saisir ce qu’il dit de notre époque. L’interrogation sur la post-humanité, le rapport perverti entre entreprise et puissance publique, l’espérance désespérée : tout est dans « Blade Runner ». J’ai retrouvé dans « Nocturama » cette essence, cette puissance, cette nécessaire brutalité. « Nocturama » m’a coupé le souffle. Et me l’a ensuite redonné.
A voir. Je l’ai déjà dit ? Je le répète.

http://www.cine-vaucluse.com/films/nocturama/