Un RCT resté bloqué en rade

Une fois n’est pas coutume en ce mois de Juin 2016, le ballon ne tournait pas rond hier soir au Camp Nou de Barcelone. L’antre du Barça ne résonnait pas des cris des socios mais du Pilou-pilou des Rouges et Noirs et des encouragements plus feutrés des Ciels et Blancs. Messi et ses compères avaient laissé leurs vestiaires à d’autres gladiateurs. Et on a d’abord envie de remercier l’UEFA d’avoir interdit la Finale du Top 14 dans un stade français au moment de l’Euro de foot. Décidément, messieurs les décideurs-footeux, vous ne comprendrez jamais rien au monde qui vous entoure : vous pensez sérieusement qu’une finale de rugby vous aurait volé la vedette ? Je veux dire la recette, la recette financière ? Plus de 99.000 spectateurs pour un match de rugby, record mondial battu. Grâce au foot…

Et il y eut un match.

Je ne savais qu’on pouvait être fan du RCT et ne même pas être déçu quand son équipe favorite perd. C’est pourtant ce qui m’est arrivé hier soir. Avec une étrange sensation au réveil ce matin : ne pas voir vu ses rouges et noirs jouer. Pourtant si, c’étaient bien eux, ils avaient bien le blason du club, les couleurs du club, les sponsors du club.

Mais où étaient-ils vraiment ? Pour revenir au foot, il a une chose en commun avec le rugby : quand l’arbitre sort un carton rouge, chacun comprend que le joueur a fini son match. Maxime Machenaud, le francilien, a vu rouge, mais pas noir, à la 17ème minute. Au bout du compte, juste une péripétie supplémentaire. On a le sentiment que le Racing92 aurait pu jouer à 13, à 12 ou à 11, ils auraient gagné quand même. D’habitude, quand on est supporteur, on prend l’habitude de râler parce que l’arbitre siffle des fautes peu évidentes. Hier soir ? Même pas. Elles étaient toutes évidentes, toutes tellement grossières qu’on n’avait du mal à y croire. En-avants, hors-jeu, talonnage à la main, non-libération du ballon, écroulement de mauls, fautes en mêlée, tout le manuel y est passé.

Pas de déception donc, mais comme une colère interne. Semblable à celle que doit ressentir Bernard Laporte. Comme une trahison. Pour son dernier match à la tête du RCT, il avait sûrement rêvé des joueurs autrement impliqués, disciplinés, autrement gagneurs. Comme tout ce qu’il leur a appris ces 5 dernières années. Rien de tout cela. Comme s’ils n’avaient rien appris en 5 ans. Un cycle se termine. Souhaitons bon courage à Diego Dominguez qui prend une suite qui se termine en queue de poisson.

Sinon, félicitations aux ciels et blancs : esprit rugby avec leurs blazers et les noeuds pap’ des illustres prédécesseurs de leur club, mais surtout combat, dépassement de soi, et jeu. Tout ce qui a manqué à Toulon…

Pour suivre le RCT la saison prochaine : www.rctoulon.com