En transit avec Jérémie Aliadière

En fin de contrat après deux saisons au Qatar, l’ex grand espoir français Jérémie Aliadière, 33 ans, est à nouveau sur le marché des transferts. Entretien avec l’ancien protégé d’Arsène Wenger dont les blessures à répétition et certains choix de carrière n’ont pas joué en sa faveur.

Que deviens-tu ?
Mon contrat s’est fini. J’attends une nouvelle offre. Je suis à l’écoute et disponible. Je préférerais rester au Qatar si possible. Actuellement je suis en Angleterre. Mais j’ai gardé ma villa au Qatar. Je l’ai payé jusqu’au 1er juillet. J’aimerais rentrer là-bas. J’ai des discussions mais rien de concret pour l’heure.

Que peux-tu nous dire sur ton expérience au Qatar ? Est-ce uniquement pour un gros contrat ?
J’ai fait deux clubs, Umm Salal et Muaither SC. Je m’y plais très bien. Ce que j’aime, c’est la vie, la sécurité. Pour la famille, les enfants, c’est le top. Au niveau football, ce n’est pas pareil. Ce n’est pas l’Europe bien sûr. C’est une expérience. Il faut y aller ouvert d’esprit, sans vouloir comparer avec la France ou l’Angleterre, sinon tu n’y arrives pas. C’est une mentalité ouverte. Ils essaient d’accueillir les gens, de développer le pays le plus possible, de se moderniser le plus possible. Beaucoup d’Européens viennent et apportent leur expérience. Et bien sûr, tout le pays parle du PSG. Ils sont à fond. Le pays entier suit les matchs du PSG en Ligue des Champions.

Tu as connu une carrière semée d’embûches. C’est seulement en 2011, lors de ton arrivée à Lorient, que la France découvre réellement ton talent. Tu claques 15 buts en championnat lors de la saison suivante. Tu étais annoncé à l’OM, puis plus rien. Regrettes-tu ton exil ?
J’étais à deux doigts de signer à Marseille, c’est vrai. Lyon était également intéressé. Tout s’est passé au mercato d’hiver, en janvier 2014. J’étais à l’aéroport et à la dernière minute les dirigeants de l’OM m’ont dit de ne pas monter dans l’avion, que tout n’était pas réglé. Puis finalement rien ne s’est fait. Ensuite, en fin de saison, je n’ai pas reçu d’offres. J’ai donc choisi Umm Salal qui m’a proposé un contrat intéressant.

Qui as-tu retrouvé sur place ?
La première année, des joueurs comme Nene, Lisandro. Puis Yannick Sagbo est venu aussi, on a joué ensemble pendant six mois.

Penses-tu être en fin de carrière ou as-tu encore soif de jouer pour rattraper le temps perdu ?
J’ai envie de jouer le plus longtemps possible. Du moment que mon corps me le permet. Je n’ai pas de blessures, je suis bien. J’ai envie de continuer de jouer. Ce n’est pas le même niveau physique au Qatar qu’en Europe, on ne va pas se le cacher. Donc est-ce que je pourrais revenir en France ou ailleurs pour jouer, je ne sais pas. Quand tu arrives à l’âge que j’ai, tu n’as pas non plus énormément de choix. Je préférerais rester ici car je suis installé, mes enfants sont à l’école. Je veux privilégier la vie de famille. Mais tout est possible car je n’ai pas envie d’arrêter ma carrière maintenant.

As-tu des offres ou des pistes ?
J’ai certains contacts en France et aux Etats-Unis. J’espère que ça va bouger.

Suis-tu l’Euro et le parcours des Bleus ?
Je suis en Angleterre actuellement du coup je suis les matchs. Franchement, je pensais être plus à fond. Je n’ai pas l’impression qu’il y a un gros engouement. Il y a beaucoup de matchs fermés. Les soit-disant petites équipes donnent tout, ferment le jeu et opèrent en contre. On verra.

En tant qu’attaquant, as-tu trouvé justifiée la non-sélection de Benzema ?
Je n’ai pas vraiment de point de vue. La seule chose, c’est qu’il faut entamer un Euro sans avoir de problèmes extra-sportifs. Et si tu commences à prendre Benzema avec toutes les histoires, au bout d’un moment ça ne va pas le faire. Pourtant c’est un super joueur, il méritait sa place, mais ça valait mieux comme ça.

Vu ton potentiel, regrettes-tu de ne pas avoir assez montré ton talent en Europe ?
Honnêtement, quand je regarde les matchs de championnat, il y a une partie de moi qui a envie de revivre ça, de rejouer dans des stades pleins, de ressentir un engouement autour d’une saison et de matchs importants. Une autre partie de moi privilégie la vie de famille, ma femme, mes enfants. Je suis beaucoup les matchs de Lorient, mon ancien club. Le haut niveau me manque un peu quand même et j’avoue que j’aimerais bien revivre ça pendant un an.

Quel est ton mon meilleur souvenir ?
Gagner la Premier League avec Arsenal en 2004 en étant invincible. C’était extraordinaire. Jouer avec Bergkamp, Henry, c’est fantastique. Il n’y a pas mieux.