Festival du Film Israélien de Carpentras : Paroles de vies et de vérités

« De douces paroles », c’est une chronique ordinaire d’une famille ordinaire. Une histoire de famille d’aujourd’hui : des parents divorcés, le père remarié avec une bimbo, une mère omniprésente, et le clan des enfants, deux fils et une fille. Trois caractères opposés et différents : Natanel, l’aîné pratiquant par amour sa religion jusqu’à la caricature, le dernier Shaï, insouciant et volage, et au milieu d’eux, Dorona, écorchée et rebelle juste ce qu’il faut pour rendre son personnage super attachant. Une famille comme beaucoup d’autres avec ses non-dits, ses petits ou grands secrets.

Au milieu de cette fratrie unie, Ricky, le mari amoureux transi de Dorona, va les aider dans une enquête de vérité. Car on ne regarde rien d’autre qu’un thriller familial. Un puzzle qui se construit suite à un décès et à un banal examen sanguin. Et dont on prend chaque étape comme un nouveau rebondissement inattendu.

Intimiste, tendre, drôle, parfois tendu aussi, ce film israélien, réalisé par Shemi Zarhin, nous entraîne de Jérusalem au quartier du Panier à Marseille avec un petit crochet par Paris. Ce voyage initiatique se transforme en pèlerinage qui va bouleverser des certitudes et des habitudes. Mais la recherche de la vérité est-elle véritablement indispensable ? Et finalement quand cette nouvelle réalité apparaît, doit-on la partager au risque de briser des équilibres si fragiles ?

Dorona, jouée par la jolie Rotem Zismann-Cohen, irradie le film. Elle est remplie de peurs, de l’avenir et plus sûrement d’elle-même. Et entourée de ces 3 hommes, même 4 en comptant son père, elle se lance à la recherche de son passé. On réalise finalement l’importance dans le présent et l’avenir de notre passé, de celui de nos parents et grands-parents.

La façon d’aborder le thème de la famille dans ce film est remarquable. Quelques heures après avoir vu ce film, on est encore dedans, à comprendre, réfléchir et réaliser que tous les grandes questions de la vie y sont abordées, par petites touches, l’air de rien. Mais avec justesse.

Un film à voir dans le cadre du Festival Laissez-Passer, 6ème Festival du Film Israélien de Carpentras au Cinéma le Rivoli,
le lundi 3 octobre à 21h00 et le samedi 8 octobre à 16H00

La programmation complète du festival sur Festival Laissez-Passer